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Élections 2026 : l'Ex- conseiller électoral, Ricardo Augustin revendique une réforme électorale

  • Photo du rédacteur: Pont Info
    Pont Info
  • 2 août
  • 4 min de lecture




Lors d'une entrevue accordée à l'émission Le Point, l'ancien conseiller électoral, Ricardo Augustin a adressé les grands chantiers qui pourraient compromettre la réussite du processus électoral enclenché par le Conseil Électoral Provisoire (CEP). Selon lui, le CEP et le gouvernement n'ont pas saisi tous les tenants et aboutissants pour atteindre cet objectif. Le délai fixé par le calendrier électoral ne prend pas en compte les défis à relever pour la réalisation des élections fiables.


Près de dix années depuis les dernières élections réalisées par la transition assurée par Jocelerme Privert, le Conseil Électoral Provisoire en place a publié le Calendrier électoral ce lundi 27 juillet et a lancé le processus d'inscriptions des électeurs à travers les centres qui ont été sélectionnés pour l'enregistrement des votants dans le cadre de l'organisation des élections générales. Ces démarches visent à concrétiser les stratégies mises en place pour doter le pays de représentants légitimes à travers des élections démocratiques qui devront se tenir le 13 Décembre 2026 et le 21 Février 2027.


L'ancien conseiller électoral, Ricardo Augustin, estimant que le Calendrier électoral est inadéquat, tenant compte de la complexité d'un processus électoral, s'est d'abord livré sur son expérience personnelle en tant que conseiller sur les ordres de Pierre Louis Opont en tant que représentant du secteur religieux.



Il a confié que l'engagement dans une entreprise si importante peut se révéler très «stressant». Par conséquent, endosser une telle responsabilité requiert un mental d'acier pour répondre à la pression inhérente à un processus électoral.


Selon lui : «C'est une tourmente pendant tout le processus. Parce qu' il y a des gens qui ne seront pas admis à participer aux élections qui seront contre le CEP par la suite ; et d'autre part, des gens qui seront agréés et qui vont perdre aux élections et qui vont imputer la responsabilité au Conseil électoral... Donc il y'a beaucoup de difficultés.» Toutefois, il a affirmé avoir «agi en toute indépendance» et qu'il avait bien exécuté la mission qu'on lui avait confiée sans aucune pression de la part de l'exécutif de janvier 2015 jusqu'au janvier 2016, date à laquelle il avait présenté sa démission.


Augustin croit que des réformes doivent être entreprises pour assurer la fiabilité des élections. L'optimisation de la machine électorale passera nécessairement par la modernisation d'après son point de vue. «Il faudrait rentrer dans un processus d'automatisation de notre système électoral graduellement» à l'aide des appareils électroniques qui serviraient à contrôler instantanément les voix des votants de façon objective. Néanmoins, il a mis l'accent sur la nécessité de disposer des techniciens et ingénieurs compétents pour contrôler la programmation de ces appareils sophistiqués et assurer le stockage pour éviter toute forme de manipulation de ces machines supposées « vierges».



Toutefois, si primordiale soit-elle, la modernisation du scrutin n'est pas l'unique défi qu'il convient de considérer.


La création du Conseil électoral permanent ; la mise en place d'une assemblée constituante ; la mise en place des centres de vote spéciaux à disposition des prisonniers qui ne sont pas privés de leurs droits civils et politiques ainsi que les personnels hospitaliers ; prendre en compte les préoccupations de tous les secteurs à travers un dialogue national «secteur par secteur» capable d'éviter des « moments de tensions» ou encore des «contradictions des esprits survoltés» ; le respect rigoureux du calendrier électoral ; rétablir la sécurité sur tout le territoire national, sont autant de démarches structurelles nécessaires pour réaliser une élection d'une telle envergure.


En réaction au calendrier électoral publié par le CEP il pense que celui-ci est «illusoire», indifférent de la réalité du contexte d'insécurité que vit Haïti actuellement et des conditions essentielles qui devraient convaincre les gens sur l'opérationnalisation du calendrier fixé. « En matière électorale tout est célère. Tout se fait dans l'urgence et s'inscrit dans un calendrier strict» insiste-t-il. Et il soutient que : « Les élections doivent se tenir "dans de bonnes conditions" C'est-à-dire dans un climat de sécurité et le renforcement des institutions à travers un processus de dialogue national "secteur par secteur" duquel devrait résulter le référendum.»



De surcroit, il critique la décision qui a été prise par le Cep et le gouvernement de lancer le processus d'inscriptions des électeurs qui ne fera que ralentir les manœuvres pour aboutir aux scrutins. Il estime de préférence que : « Le CEP devrait posséder au lancement du processus de confirmations d'adresses des électeurs qui se sont déménagés dans d'autres localités pour déterminer le centre de vote qui convient à chacun.» Étant donné qu'il « devrait mobiliser la base de données dont dispose l'ONI qui contient toutes les données personnelles des électeurs».


Il invite les autorités à entendre raison, à repenser le processus électoral car un échec des scrutins serait fâcheux pour l'avenir du pays. « Un échec de cette transition devrait condamner le pays pour au moins 25 ans d'instabilité» prévient-il.


À moins de cinq mois du premier tour des élections générales entamées par le gouvernement et le CEP, des incertitudes planent sur les conditions dans lesquelles les élections se dérouleront. Les procédures bâclées pour aboutir à leurs fins semblent l'emporter sur les planifications rigoureuses et coordonnées en vue d'atteindre les objectifs de la légitimation nécessaire pour restaurer la démocratie dans le pays.


Par : Jean Erickens Denesca

 
 
 

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