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La République dominicaine envisage l'introduction du créole, du français et de l'anglais dans les écoles

Photo du rédacteur: Pont Info
Pont Info
7 sept.
2 min de lecture


La République dominicaine pourrait bientôt franchir une étape importante dans son système éducatif. Une proposition de loi déposée au Congrès dominicain le vendredi 4 septembre par le député Julio César Beltré prévoit l'introduction progressive du créole haïtien, du français et de l'anglais dans les écoles publiques et privées du primaire au secondaire. Le texte propose une révision du curriculum scolaire afin d'intégrer ces trois langues comme matières obligatoires, avec pour objectif de mieux préparer les élèves dominicains aux réalités économiques, culturelles et professionnelles d'un monde de plus en plus ouvert.


Selon le député Beltré, membre du Parti révolutionnaire moderne (PRM), le projet accorde une attention particulière au créole et au français, les deux langues officielles d'Haïti. Cette orientation vise à renforcer les liens entre les deux peuples qui partagent l'île d'Hispaniola et à favoriser une meilleure coopération dans les domaines historiques, économiques et culturels. La réforme nécessiterait également la formation et la certification d'enseignants spécialisés. Les universités dominicaines ainsi que le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Science et de la Technologie seraient appelés à participer activement à la préparation des futurs professeurs.


Pour l'élu dominicain, la maîtrise de plusieurs langues représente un véritable atout pour le développement du pays. Il estime que la connaissance du français, du créole et de l'anglais permettrait de renforcer les compétences de la main-d'œuvre dominicaine dans des secteurs stratégiques tels que le tourisme, le commerce, les services et la logistique.


Si cette initiative venait à se concrétiser, elle enverrait également un signal fort à Haïti. Car pendant que la République dominicaine réfléchit à intégrer le créole haïtien dans son système éducatif afin d'en faire un instrument de communication, d'intégration et de développement, cette même langue continue encore, dans de nombreux espaces en Haïti, à ne pas bénéficier de toute la considération qu'elle mérite. Bien qu'elle soit parlée par la quasi-totalité de la population et reconnue comme langue officielle, le créole reste souvent marginalisé dans certaines institutions administratives, académiques et professionnelles.


Le choix envisagé par les autorités dominicaines devrait ainsi interpeller la conscience collective haïtienne : si nos voisins reconnaissent la valeur stratégique, culturelle et économique du créole au point de vouloir l'enseigner à leurs enfants, pourquoi tant d'Haïtiens continuent-ils encore à sous-estimer la richesse et l'importance de leur propre langue ?


Wendy Calixte

 
 
 

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